11 avril 2012
Cloches - Lyon (France-69) Primatiale St Jean
Edifiée de 1180 à 1480, la Primatiale St Jean de Lyon combine habilement les styles roman (choeur, abside, transept) et gothique flamboyant (façade).Réputée avant tout pour son horloge astronomique du 14e siècle, ses tableaux, ses statues et ses vitraux, ce beau sanctuaire possède également une imposante sonnerie historique de 9 cloches
Sur les 4 tours, seules 2 renferment des cloches. Les 3 timbres horaires (cloches civiles) se trouvent en façade (tour nord-ouest avec son cadran), alors que les 6 cloches à la volée occupent l'imposante tour nord-est. Le sublime bourdon (La Grosse Cloche pour les Lyonnais), coulé en 1622 par Pierre Recordon, est considéré à juste titre comme une des plus belles cloches de France. Le profil lourd (7'700kg pour un la bémol 2) explique en partie le son à la fois puissant et velouté de cette magnifique cloche.
Je vous invite à retrouver ci-dessus, en prise de son extérieure, La Grosse Cloche en solo, puis (dès 2mn40) le plénum pascal, amputé hélas des cloches 3 et 5 à la motorisation défectueuse. Savourez ci-dessous le sublime bourdon dans l'intimité de la chambre des cloches.
Composition de la sonnerie à la volée:
Cloche 1, dit La Grosse Cloche ou Anne-Marie, note la bémol 2, coulé par Pierre Recordon en 1622, 7'700kg.
Cloche 2, dite La Deuxième, note sib2
Cloche 3, dite Le Tiers Sainct, coulée par Frèrejean, note do3, actuellement hors service
Cloche 4, dite Séral ou Quart Sainct, note fa3
Cloche 5, dite La Cinquième, actuellement hors service, note sol3
Cloche 6, dite Le Schiule, lab3
(d'autres détails suivront bientôt)
Le sublime bourdon, dit "Grosse Cloche"
**********
^ ^ La cloche 2
v v la cloche 3
**********
^ ^ La cloche 4
v v la cloche 5
16:20 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Cloches - Lyon (France-69) église St Paul
L'église St Paul est un des plus anciens édifices religieux de Lyon. Méconnue des touristes et même des Lyonnais, cette ancienne collégiale, édifiée entre le 11e et le 19e siècle, connut de tous temps une histoire tourmentée, faite de transformations plus ou moins heureuses. Le 19e siècle, synonyme d'importants bouleversements pour le quartier devenu insalubre, a failli sonner le glas du sanctuaire, tombé en ruines. Aujourd'hui classée monument historique, l'église St Paul a connu une importante restauration en 2002.
Ce ne sont pas moins de 11 cloches qui sont accrochées dans le fier clocher gothique. Reliées à un pupitre de carillon qui a connu des jours meilleurs, elles sont régulièrement tintées. Pour ce qui est de la volée, seule la grande cloche est motorisée. En l'absence du carillonneur, mon vaillant camarade campanaire Dominique "Valdom68" a donc usé d'huile de coude pour mettre en branle ce qui pouvait l'être, tintant au passage les autres cloches, et allant jusqu'à sonner au pied le beau bourdon, étant donné qu'aucun tableau de commande ne se trouve dans le clocher. En jouant l'enregistrement ci-dessus, vous pourrez ainsi vous rendre compte de la beauté de ces cloches (nous en avons fait retentir 10 sur 11) trop souvent muettes.
COMPOSITION DU CARILLON
Cloche 1, note do3, coulée en 1855 par Gédéon Morel
Cloche 2, note fa3, coulée en 1856 par Burdin fils aîné
Cloche 3, note sol3, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 4, note la3, coulée en 1834 par Chevalier
Cloche 5, note la#3, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 6, note do4, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 7, note ré3, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 8, note ré#4, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 9, note mi4, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 10, note fa4, coulée en 1865 par Gédéon Morel
Cloche 11, note sol4, coulée en 1626 par Léonard Dupont
Au chapitre des photos, voici tout d'abord le magnifique bourdon en do3. Cette belle cloche, richement ornée, daté de 1865, porte la signature du fondeur local Gédéon Morel. Cet ancien contremaître d'Antoine Paccard s'établit Montée de la Butte en 1833, avant de déménager une dizaine d'années plus tard dans le quartier de la Croix-Rousse. Ses réalisations les plus célèbres sont les bourdons de la cathédrale Ste Bénigne de Dijon (fa2) et de Notre-Dame de la Garde à Marseille (mib2).
**********
Outre le bourdon de Morel, on trouve dans ce riche ensemble campanaire des cloches signées Burdin et Chevalier, toutes du 19e siècle, ainsi qu'une belle petite cloche portant la griffe de Léonard Dupont (1626)
**********
Antoine Rousseau, maître horloger à Lyon, construisit la belle horloge ci-dessus en 1676. Aujourd'hui désaffecté, le mouvement indiquait jadis l'heure au moyen d'un cadran en façade (voir photo ci-dessous de 1874). La sonnerie des quarts s'effectuait sur deux cloches, et celle de l'heure sur une troisième
**********
^ ^ Jadis, l'art de sonner se transmettait de génération en génération, comme en témoigne cette pierre signée dans l'escalier en colimaçon du clocher
Terminons par quelques clichés de la belle église St Paul de Lyon v v
Remerciements à M. Patrick Saint Bonnet, président des Amis de l'église St Paul, pour son aimable autorisation, à Soeur Claudine pour son chaleureux accueil, ainsi qu'à M. Jean Bernard, de la Pastorale du Tourisme et M. Fabien Haug, de la SFC, pour leur précieux concours.
Liens:
Le site de la paroisse
Le site de la ville de Lyon
Sources:
Quartier Saint-Paul, Lyon (ouvrage paru aux éditions les Amis de Saint Paul, disponible)
Ensembles campanaires en Rhone-Alpes (ouvrage paru aux éditions Comp'Act, épuisé)
Carillons de France
Dossiers électroniques de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel de Rhône-Alpes
15:05 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10 avril 2012
Cloches - Lyon (France-69) église St Georges
Bel édifice néo-gothique que l'église St Georges. Construite non loin de la Primatiale St Jean et de la Saône entre 1844 et 1869, l'église se vit un temps désaffectée entre 1970 et 1989. Elle est aujourd'hui desservie par des prêtres issus de la Fraternité Saint Pierre qui ont rejoint le diocèse dans le cadre du Motu proprio Ecclesia Dei. On y célèbre la messe en latin d'avant Vatican 2.
L'élégant clocher octogonal renferme une sonnerie de 7 cloches, conçues pour faire office de carillon. Les 5 plus grandes cloches sont installées pour sonner à la volée, mais seules les no1 et 3 sont utilisées comme telles et motorisées. La cloche 2 est tintée façon fausse volée, les no 4 et 5, jadis sonnées à la volée, sont aujourd'hui inutilisables :axes du joug sortis des encoches pour l'une, câbles électriques empêchant le balancement pour l'autre. Les 2 plus petites cloches sont fixes. Toutes les cloches sont munies d'électro-marteaux pour le tintement électronique par clavier.
COMPOSITION DE LA SONNERIE
Cloche 1, note fa3, coulée en 1848 par Gédéon Morel
Cloche 2, note sol3, coulée en 1810 par Chevalier (tintée)
Cloche 3, note la3, coulée en 1848 par Gédéon Morel
----------
hors service :
Cloche 4, note sib3, coulée en 1834 par Chevalier
Cloche 5, note do4, coulée en 1834 par Chevalier
Cloche 6, note mi4, coulée en 1810 par Burdin
Cloche 7, note fa4, coulée en 1785
^ ^ Cloche 7 de 1785, la seule antérieure à la Révolution
v v Cloche 6, signée Burdin, 1810
**********
^ ^ La Cloche 3, oeuvre de Gédéon Morel (1848)
v v La cloche 4, signée Chevalier (1834)
**********
^ ^ La grande cloche (Gédéon Morel, 1848)
**********
Un grand merci à la paroisse de St Georges, ainsi qu'à M. Fabien Haug, carillonneur, membre de la SFC, et grand connaisseur du patrimoine campanaire lyonnais.
Liens:
http://www.lyon.fr/page/accueil.html
http://www.eglisesaintgeorges.fr/
Bibliographie:
Ensembles campanaires en Rhone-Alpes (ouvrage paru aux éditions Comp'Act, épuisé)
Carillons de France
21:52 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26 mars 2012
Cloches - Belfaux (FR) église St Etienne
Imposant édifice que l'église St Etienne de Belfaux. Plus que ce village aux dimensions modestes, ce sont les nombreux pèlerinages au Crucifix miraculeux (relique de la fin 13e siècle) qui expliquent la présence de cette église aux allures de basilique, édifiée entre 1842 et 1852, sur les plans de Fidel Leimbacher. On raconte qu'en 1470, un incendie détruisit complètement l'ancien sanctuaire, laissant le crucifix intact. Sitôt ce miracle révélé, nombreux furent les pèlerins à affluer de toute la Suisse, mais aussi de France et d'Allemagne.
De la petite cloche de l'Agonie, gothique, vraisemblablement coulée en 1431 (source: archives RERO), à la cloche 5, datée de 1840, ce sont plus de 4 siècles d'histoire campanaire fribourgeoise qui sont représentés dans le fier clocher. A noter la présence d'une grande cloche baroque non signée, et de 2 cloches portant la griffe de Delesaiwes, fondeur fribourgo-savoyard à la production trop rare (source: Les cloches de la cathédrale St Nicolas de Fribourg, par Matthias Walter).
Cloche 1, coulée en 1616, note ré3
Cloche 2, coulée en 1788 par Jacques-Nicolas Delesaiwes, note mi3
Cloche 3, coulée en 1788 par Jacques-Nicolas Delesaiwes, note solb3
Cloche 4, coulée en 1840 par Louis Roelly et ses fils, note sib3
Cloche 5 (Agonie), coulée en 1431, note mi4
La cloche 1, portant la date de 1616
**********
Les cloches 2 (ci-dessus) et 3 (ci-dessous) ont toutes deux été coulées par Jacques-Nicolas Delesaiwes en 1788
**********
La cloche 4, coulée en 1840 par Roelly et fils, derniers représentants d'une longue lignée de fondeurs fribourgeois
**********
La cloche 5 (cloche de l'Agonie, sonne à l'annonce d'un décès dans la communauté), de facture gothique, coulée selon des documents d'archives en 1431
**********
^ ^ Les cloches 4 et 1
(de gauche à droite)
v v Les cloches 3, 2 et 5
**********
L'intérieur de la magnifique église néo-classique de Belfaux, avec sa rangée de colonnes toscanes, son lanterneau, et son bel orgue Spaich, construit en 1880
Un grand merci à la Paroisse St Etienne de Belfaux, et plus particulièrement à son aimable sacristain, M. Melchior Kanyamibwa
16:39 Publié dans Fribourg | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25 mars 2012
Cloches - Courtepin (FR) église Notre-Dame
C'est en 1949 que fut posée la première pierre de l'église catholique de Courtepin. La chapelle de ce bourg industriel en pleine expansion était en effet devenue trop petite pour le nombre croissant de fidèles. D'abord vide, le clocher reçut en cadeau en 1955 l'ancienne sonnerie en acier de Schmitten, paroisse voisine, qui venait de s'équiper de cloches de bronze de chez Ruetschi.
Ma première sonnerie en acier ! J'avoue en effet avoir ressenti une certaine impatience avant de faire retentir ces 3 cloches, estampillées Bochumer Verein, et coulées en 1898. Certes, ce n'est point de l'airain, mais je n'ai pu m'empêcher de tomber sous le charme du contenu insolite de ce clocher typique des années 1950. En plus des cloches, c'est tout l'équipement d'origine de la fin du 19e siècle qui a été rapatrié: les jougs, les battants, mais aussi le beffroi !
Lab3 do4 mib4
La grande cloche
**********
Les cloches 2 (ci-dessus) et 3
**********
^ ^ Le beffroi de bois de 1898, transporté de Schmitten vers Courtepin en même temps que les cloches en 1955
v v Surprenant : cette magnifique petite cloche baroque du 18e siècle, jadis cloche de l'Agonie, se trouve aujourd'hui entreposée dans un cabinet de débarras. Je vais tenter de persuader la paroisse de lui faire reprendre du service... ou au pire de l'exposer dans l'église
**********
L'intérieur de l'église de Courtepin, avec ci-dessus les sculptures murales de Karl Imfeld, et ci-dessous l'orgue Ayer-Morel et sa tribune, tous deux flambants neufs. Remarquez également le magnifique plafond voûté tout de bois.
Mes plus vifs remerciements à M. Daniel Werro, président de paroisse, ainsi qu'à Mme Huguette Stucky, sacristine. Remerciements également à M. Daniel Ecoffey, campaniste, d'avoir attiré mon attention sur la seule sonnerie en acier - à ma connaissance - du canton de Fribourg.
22:17 Publié dans Fribourg | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06 mars 2012
Cloches / Glocken - Seon (AG) église réformée
Rarement église n'aura subi autant de transformations au fil des siècles ! Une première chapelle, mentionnée en 1408, et dont il reste aujourd'hui une ancienne fenêtre, céda sa place en 1708 à une vraie église. Nouvelle transformation en 1821, et remplacement du clocher en 1856. La coiffe de ce dernier, d'abord en forme de bulbe, prit la forme que nous lui connaissons aujourd'hui en 1899.
La sonnerie subit elle aussi des transformations. Les cloches, d'abord au nombre de 4, furent corrigées pour l'arrivée d'une nouvelle consoeur dans les années 1960. Nous sommes donc aujourd'hui en présence d'une sonnerie Ruetschi de 5 cloches, d'un poids total de 4'162kg. En 2010, la maison Muff procéda au changement des battants et de la motorisation. Les jougs et les ferrures furent également rénovés pour cette occasion.
Cloche 1, note ré3, 1856
Cloche 2, note fa#3, 1856
Cloche 3, note la3, 1856
Cloche 4, note si3, 1969
Cloche 5, note ré4, 1856
La grande cloche en ré3 et ses beaux motifs néo-gothiques
**********
^ ^ La cloche 2 en fa#3
v v La cloche 3 en la3
**********
^ ^ Les cloches 5 (à gauche) et 4
v v Le mouvement d'horloge Mäder
**********
^^ La chaire, avec à sa droite, la fenêtre de l'ancienne chapelle de 1408, dont l'orientation était perpendiculaire par rapport à l'église d'aujourd'hui.
v v L'orgue, construit en 1974
**********
^ ^ Vue de l'église avant 1899. Remarquez l'élégante coiffe du clocher
vv Pierre tombale, se trouvant autrefois dans le cimetière, et aujourd'hui exposée au rez-de-chaussée du clocher-porche
Mes plus vifs remerciements à M. Max Frischknecht, sacristain, pour son chaleureux accueil. Amitiés également à John Brechbühl, organisateur de cette belle journée campanaire.
17:57 Publié dans Argovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Cloches / Glocken - Ammerswil (AG) église réformée
La première mention de l'église d'Ammerswil remonteà 1275. Subsiste de l'époque romane une très belle fresque représentant le dernier repas du Christ. Remanié à de multiples reprises au fil des ans, le sanctuaire se vit flanqué d'un clocher à la toute fin du 15e siècle et pourvu pour l'occasion de 4 cloches gothiques, dont 3 sont encore aujourd'hui en service.
Valeur inestimable que celle de cette sonnerie historique. Si la cloche 4, fêlée, a été remplacée il y a plus de 60 ans, son ancêtre a été conservée pour être exposée. Un groupe de paroissiens bien inspirés a en effet eu la bonne idée de la racheter pour la sauver de la refonte
Cloche 1, coulée en 1498, note sol#3
Cloche 2, coulée fin 15e siècle, note si3
Cloche 3, coulée fin 15e siècle, note ré4
Cloche 4, coulée en 1948 par Ruetschi d'Aarau, note mi4
La cloche 1, d'un diamètre de 105cm, fut coulée en 1498. Remarquez les impressionnants bas-reliefs (St Pierre, la Vierge à l'Enfant), ainsi que son joug façonné en 1697.
**********
^ ^ La cloche 2, diamètre 82cm, datée de la fin du 15e siècle
v v La cloche 3, diamètre 69cm, datée elle aussi de la fin du 15e siècle
**********
^ ^ La cloche 4, coulée par Ruetschi d'Aarau, remplaça en 1948 son antique consoeur, fêlée
v v Par bonheur conservée, l'ancienne cloche 4 (1499, diamètre 50cm) coule une retraite paisible dans le cimetière.
**********
^ ^ Le mouvement d'horloge (1948), modifié pour l'avance électrique des heures
vv Diverses vues de cette belle église :
**********
Remerciements à Mme Brigitte Oergerli, pasteure, et à Mme Erika Berchtold, sacristine. Je remercie également mon vaillant camarade de virées campanaires John Brechbühl pour l'organisation de cette belle sortie.
16:50 Publié dans Argovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Cloches/Glocken - Buchs (AG) église catholique / katholische Kirche St Johannes
Bâtie sur les plans de l'architecte zougois Hans Brütsch, l'église catholique de Buchs fut consacrée en 1967. Repérable de loin, le haut clocher de béton renferme une sonnerie de 5 cloches coulées par la fonderie toute proche, Ruetschi d'Aarau. D'un poids total de 5'577kg, elles donnent les notes réb3 mib3 fa3 lab3 sib3.
Quelques vues de cette belle église et de son élégant clocher
Le mariage du béton et du bois confèrent au sanctuaire une atmosphère chaleureuse
Aujourd'hui désaffectée, l'horloge tintait jadis les heures au moyen de la petite cloche logée derrière le cadran de béton
Merci à mon camarade campanaire John Brechbühl pour cette intéressante découverte
16:06 Publié dans Argovie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17 janvier 2012
Cloches - Villarvolard (FR)
Repérable de loin par sa magnifique flèche de pierre, l'église de Villarvolard fut consacrée en 1760. Avant elle se dressèrent ici une chapelle, construite avant 1179, date de la plus ancienne mention de la commune, puis une première église, vraisemblablement construite avant 1228. Le clocher, lui, ne fut édifié qu'en 1892.
La couleur verdâtre des 5 plus grandes cloches laisse deviner un bronze plus riche en cuivre que les cloches habituellement produites par le talentueux fondeur veveysan Tréboux. L'intéressante suite de notes nous fait vite oublier la résonance relativement courte du bourdon. Seules les 4 plus grandes cloches furent jadis motorisées, les 2 plus petites demeurant sonnées à la main. Ce n'est que tout récemment que la cloche 6 (Agonie) fut munie d'un nouveau joug en acier (dommage), et d'un moteur. La cloche 5, dite cloche des Jeunes, est sensée donner de la voix lors de l'enterrement d'un enfant (oui, c'est macabre). La pose de planches sur le dessus du beffroi l'empêche de se balancer pleinement. Sa motorisation et son intégration dans le plénum n'est pas prévue pour l'instant. Mes camarades campanaires et moi-même nous sommes donc contentés de la faire tinter en lui imprimant un léger mouvement de balancement.
Cloche 1 (bourdon), note si2, coulée par Tréboux de Vevey en 1892
Cloche 2, note fa3, coulée par Tréboux de Vevey en 1892
Cloche 3, note fa#3, coulée par Tréboux de Vevey en 1892
Cloche 4, note sol#3, coulée par Tréboux de Vevey en 1892
Cloche 5 (cloche des Jeunes), note do4, coulée par Tréboux de Vevey en 1892 (non motorisée)
Cloche 6 (Agonie), note entre si4 et do5, coulée vers 1450 (selon archives RERO)
^ ^ Le bourdon en si2
v v La cloche 2 en fa3
**********
^ ^ La cloche 3 en fa#3
v v La cloche 4 en sol#3
**********
^ ^ La cloche 5 (cloche des Jeunes, non motorisée) en do4
v v La petite cloche 6 (cloche de l'Agonie), aux harmoniques très caractéristiques, coulée au milieu du 15e siècle, note entre si4 et do5
**********
L'horloge électro-mécanique de fabricant inconnu avec son beau balancier de fonte
**********
L'intérieur de la belle église de Villarvolard (la crèche n'avait pas encore été ôtée en ce 14 janvier), consacrée le 15 juillet 1760
Un tout grand merci à M. Edouard Remy, président de paroisse, pour sa gentillesse et sa disponibilité
20:58 Publié dans Fribourg | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16 janvier 2012
COUP DE GUEULE : sauvons le patrimoine de la Belle-Epoque !
Ce bel immeuble lausannois est sur le point d'être rasé par des promoteurs immobiliers, plus sensibles au dessins sur nos billets de banque qu'à la beauté du patrimoine architectural. Tout cela avec la bénédiction des autorités. C'est une honte ! Surtout quand on sait quelle cage à lapin va se dresser à la place de cette splendeur
**********
Avant que la beauté et le style ne s'effacent pour laisser la place au "fonctionnel", dans ce que ce terme peut comporter de plus péjoratif, je vous invite à jeter un dernier coup d'oeil apitoyé sur ce bel immeuble, construit en 1895 sur les plans de l'architecte vevysan Francis Isoz, à qui ont doit également le Château d'Ouchy, la Maison Mercier, le Gymnase du Bugnon, la BCV, ou encore le Crédit Foncieur Vaudois (source: 24heures, édition du 16 janvier 2012). Les influences de la Renaissance française y côtoient avec goût les motifs Art Nouveau
23:14 Publié dans Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Cloches - Bémont - Brévine (NE)
Touchante histoire que celle de la chapelle de Bémont. Peiné par la situation des vieillards et des infirmes de son hameau, trop éloigné du temple de la Brévine, le Dr. Moïse Matthey-Claudet fit don en 1698 de 1'600 livres pour financer 12 fois l'an les déplacements du pasteur. Désireux de donner une suite à cette première initiative, une centaine d'habitants du lieu entreprirent alors de faire construire un lieu de culte. C'est ainsi que fut posée en 1767 la première pierre de la chapelle de Bémont. Aujourd'hui en mains privées, ce charmant et sobre petit édifice continue d'accueillir 15 fois l'an les fidèles des environs.
Une seule cloche occupe le petit clocheton. Coulée en 1764, elle est le fruit d'une des rares collaborations entre les fondeurs franc-comtois Jean-Antoine Damey et Claude-Joseph Cupillard. Elle donne la note do4.
On remarque ci-dessous quelques défauts dans les ornements et les inscriptions sur le cerveau
**********
^ ^ L'intérieur à la fois sobre et chaleureux du petit temple de Bémont
v v la clé de voûte et le clocheton
Un grand merci à M. Jean-Philippe Huguenin, du restaurant "Chez Bichon", ainsi qu'à mon ami Dominique "Valdom68" pour l'organisation de cette agréable sortie campanaire
21:46 Publié dans Neuchâtel | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15 janvier 2012
Cloches - Charmey (FR)
Si Charmey existait déjà comme paroisse en 1228, l'église que nous connaissons aujourd'hui fut construite entre 1735 et 1739, rejoignant ainsi sur son éperon rocheux le massif clocher, perché en ces lieux depuis 1673. C'est en 1937, avec l'ouverture de l'ancien choeur et le réhaussement de la voûte, que ce magnifique sanctuaire prit l'apparence que nous lui connaissons aujourd'hui.
La plupart des églises fribourgeoises possédant un minimum de 4 cloches, il est surprenant qu'un clocher aussi imposante que celui de Charmey n'en héberge que 3, de dimensions relativement modestes, qui plus est ! La valeur historique, associée à la qualité musicale et iconographique des pièces d'airin accrochées ici, sont très vite parvenues à effacer les éventuels signes de déception auprès de mes camarades de virée campanaire et chez votre serviteur.
Cloche 1: Pierre Dreffet, de Vevey, 1788, ré3
Cloche 2: Pierre Dreffet et Jean-Georges Paris, 1788, mi3
Cloche 3: Pierre Dreffet et Marc Tréboux, 1835 (merci à Matthias Walter pour la date), sol3
^ ^ La cloche 1, coulée par Pierre Dreffet en 1788. Originaire de Coppet (VD), la famille Dreffet fut à l'origine d'une double lignée de fondeurs. Alors que Jean-Daniel exerça ses talents à Genève, coulant souvent des cloches pour ses voisins vaudois (on pense par exemple à la magnifique cloche 2 de Baulmes), son cousin germain Pierre choisit de s'établir à Vevey, reprenant ainsi les activités de la fonderie Richenet. Son neveu Marc Tréboux, puis le fils de ce dernier Samuel, et enfin le neveu de Samuel, Gustave, perpétueront la tradition des fondeurs veveysans jusque dans les années 1890.
**********
**********
^ ^ Voici enfin la cloche 3, datée de 1835, l'une des dernières coulées par l'oncle Pierre Dreffet et le neveu Marc Tréboux, puisque Pierre mourra quelques mois plus tard, léguant ainsi la fonderie à Marc, qui la déménagera à Corsier-s-Vevey
v v Les cadrans et le tintement horaire sont toujours gérés par cette magnifique horloge Prost. On remarque toutefois que le mécanisme a été modifié pour le remontage motorisé des poids et la sychronisation horaire (moteur électrique sur l'axe des aiguilles, relié à une horloge-mère)
**********
Je vous laisse admirer l'intérieur de la belle église St Laurent de Charmey, son orgue baroque provenant de l'abbaye de Salem (Allemagne), et sa chaire en bois magnifiquement ouvragé, attribuée au sculpteur charmeysan Ruffieux
Mes plus vifs remerciements à M. Eugène Scherrer, président de paroisse, pour son aimable autorisation, ainsi qu'à M. Alexis Thurler, sacristain, pour son chaleureux accueil.
20:44 Publié dans Fribourg | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26 décembre 2011
Cloches - Moudon (VD) temple St Etienne
De passage à Moudon en cette période de fêtes, il m'est venu l'idée de vous présenter à nouveau le magnifique temple St Etienne et sa somptueuse sonnerie. Mon cadeau de Noël pour tous les amis des cloches ! L'imposant clocher étant momentanément inacessible pour des raisons de sécurité, je me suis borné à prendre quelques clichés de l'église, et de vous concocter un nouveau montage des séquences filmées en 2008 et 2009.
C'est vers 1280 que débuta la construction du temple St Etienne de Moudon. Le clocher, d'abord tour de défense, prit sa forme actuelle en 1425. La "cathédrale de la Broye", comme la surnomment affectueusement les Moudonnois, a évidemment subi de nombreuses transformations au fil des ans, notamment à la Réforme (destruction des autels du sanctuaire catholique en 1536), remplacement des arc-boutants, modification des bas-cotés, suppression des chapelles. C'est malgré tout un magnifique édifice gothique qui nous est parvenu jusqu'à ce jour.
Les documents d'archives font mention d'un beffroi, construit en 1435, et de plusieurs cloches, commandées en 1441 aux fondeurs genevois Jean Perrodet & Pierre Cartaul. Subsiste aujourd'hui encore de cette ancestrale sonnerie, la cloche 2. Si le temple St Etienne de Moudon est souvent considéré comme une réplique en miniature de la cathédrale de Lausanne, la sonnerie moudonnoise est également le 2e plus imposant ensemble campanaire du canton de Vaud. Même si les cloches furent hamonisées à la fin du 19e siècle par l'inévitable Auguste Thybaud, la valeur historique de cette sonnerie demeure considérable. Elle doit surtout sa réputation à l'air de Carmen de Bizet "L'amour est enfant de bohème" égréné chaque heure par l'horloge.
Voici l'imposant bourdon en la bémol 2, coulé en 1838 par François Humbert. D'un poids de 4'800kg, c'est la plus grande cloche jamais coulée par le talentueux fondeur neuchâtelois établi à Morteau
**********
Coulée en 1441 par les Genevois Jean Perrodet et Pierre Cartaul, la cloche 2 (ré 3, 2'195 kg) est la seule rescapée de la première sonnerie de St Etienne
**********
^ ^ Premier représentant d'une longue lignée de fondeurs veveysans, Jehan Richenet a coulé la cloche 3 en 1654. Sa note : mi 3, son poids : 1'900 kg
v v La cloche 4 porte la signature de Jean-Marie de Berthon, et la date de 1731. D'un poids de 920 kg, elle sonne en sol bémol 3.
**********
^ ^ Terminons cet inventaire campanaire par la cloche 5 (la 3, 300kg), coulée en 1763 par Simon Gillet, de Breuvannes-en-Bassigny (merci Matthias Walter), et Gaspard Deonna, de Genève. Ce dernier, petit-fils de Pierre-Antoine Collavin, dirigera plus tard les fonderies royales de Cadix et de St Domingue (merci Aloys Lauper)
**********
Quelques vues intérieures de cette magnifique église gothique. Longueur totale: 41m, largeur : 20m, hauteur des voûtes : 15m
**********
^ ^ Rescapées de la Réforme, les magnifiques stalles furent sculptées entre 1499 et 1501
v v L'orgue du temple St Etienne de Moudon, construit par Joseph-Adrien Pottier en 1764, est le plus ancien instrument encore jouable du canton de Vaud.
http://www.moudon.ch/fr/page.asp?id=178
http://www.st-etienne-moudon.ch/index.html
JOYEUSES FÊTES à tous !
21:34 Publié dans Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07 décembre 2011
Cloches - Fribourg, cathédrale St Nicolas, les nouveaux jougs et battants sont arrivés !
Journée inoubliable pour l'ami des cloches que je suis que ce mercredi 7 novembre 2011 : la remise en service de la sonnerie historique de la cathédrale St Nicolas de Fribourg après de longs mois de travaux. Alors que les 2 bourdons avaient déjà hérité de nouveaux jougs et battants en 2009, c'était enfin au tour des cloches 3, 4, 5, 6, 7 et 8 de se voir débarassées de leurs affreux axes métalliques, et de recevoir un équipement digne de leur prestige. La cloche 9, qui avait par miracle conservé son joug d'origine après sa motorisation dans les années 1950, recevra son nouveau battant en 2012
Vous trouverez ci-dessus le petit plénum, composé des cloches 8,7,6,5,4 et 3; et ci-dessous le solo de ces mêmes cloches. Vous vous rendrez ainsi mieux compte que ces nobles dames de bronze possèdent chacune des caractéristiques sonores bien à elles.
**********
^ ^ Cloche 8, dite Deuxième Cloche du Sacristain (solb4, fondeur inconnu, 14e siècle, 230kg)
v v Cloche 7, dite Première Cloche du Sacristain (mib4, Jakob Kegler, 1569, 210kg)
**********
^ ^ Cloche 6, dite Cloche de Gambach (sib3, Hans Burdi, 1562, 600kg)
v v Cloche 5, dite Cloche de Prime (lab3, Peter Follare, 1437, 980kg)
**********
^ ^ Cloche 4, dite Cloche des Heures ou de la Confrérie (fa3, Anton Grangier, 1416, 1650kg)
v v Cloche 3, dite Cloche de Ste Barbe (mib3, Walter Reber, 1367, 2080kg)
Je remercie vivement les maisons Muff et Ruetschi, ainsi que MM. Matthias Walter, campanologue; Stanislas Ruck, architecte; François Guex, du service des biens culturels de l'Etat de Fribourg; Bruno Fischer, sacristain.
Je vous invite à retrouver également sur mon blog:
Le plénum de la cathédrale St Nicolas avant la pose des nouveaux jougs et battants
Quelques clichés des travaux
La pose des nouveaux battants des 2 bourdons
23:45 Publié dans Fribourg | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02 décembre 2011
Cloches - Montbrelloz (FR), l'ancienne église
La naissance de la paroisse de Montbrelloz et la construction d'un 1er sanctuaire remontent vraisembablement à la fin du 12e siècle. Le bâtiment que nous avons ici fut édifié entre 1527 et 1532. D'importantes transformations furent menées, d'abord en 1734, avec la reconstruction partielle de la nef, alors que le clocher prit sa forme actuelle en 1870. Désaffectée en 1960 après la construction de la nouvelle église paroissiale, cette intéressant édifice fut miraculeusement sauvé de la démolition, avant d'être restauré en 1986. Il est aujourd'hui classé monument historique. La présence d'un vieux mécanisme de frappe et d'un ancien poids en pierre de taille nous apprend que le clocher était jadis munie d'une horloge. En observant bien la façade sud (cliquez sur la photo pour l'agrandir), on parvient à distinguer les traces d'un cadran sous la double baie.
Ce qui a certainement contribué à sauver l'ancienne église est son clocher et sa sonnerie (la nouvelle église ne possède pas de tour). Nous sommes ici en présence de 3 belles cloches coulées par Gustave Tréboux de Vevey en 1870, et qui donnent les notes fa3 - la3 - do4. Encore sonnées à la corde il y a peu de temps, ces cloches ont été munies de paliers à billes et de nouveaux battants, alors que leurs jougs et le beffroi ont été magnifiquement restaurés par les bons soins des entreprises Ecoffey et Mécatal de Broc. Une liaison radio permet aujourd'hui de commander la sonnerie depuis la nouvelle église paroissiale, située à quelques centaines de mètres.
de haut en bas, les cloches 1, 2 et 3
**********
23:45 Publié dans Fribourg | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note















































